Étude

Sexualité des couples français : ce que révèle l'enquête CSF-2023 de l'INSERM

31 518 personnes interrogées entre novembre 2022 et décembre 2023. L'enquête CSF-2023, la plus large jamais menée en France sur la sexualité, dresse un portrait inédit de l'intimité des Français. Et ses résultats bousculent plusieurs idées reçues sur la vie sexuelle des couples.

📅 15 mai 2026 📖 1387 mots 📚 2 sources
31 518personnes
interrogées sur leur vie sexuelle dans le cadre de l'enquête CSF-2023, la plus large étude française sur le sujet depuis 1992. INSERM / ANRS-MIE · Premiers résultats, novembre 2024

Ce que dit l'enquête CSF-2023

Publiée en novembre 2024, l'enquête Contexte des Sexualités en France (CSF-2023) de l'INSERM est la quatrième grande étude nationale sur la sexualité après celles de 1970, 1992 et 2006. Elle a interrogé 31 518 personnes âgées de 15 à 89 ans entre novembre 2022 et décembre 2023, ce qui en fait l'étude la plus large jamais réalisée sur le sujet en France.

Premier enseignement marquant : la fréquence des rapports sexuels diminue nettement. Chez les personnes de 18 à 69 ans ayant eu un rapport dans l'année, le nombre moyen de rapports sur les quatre dernières semaines est passé de 8,1 en 1992 à 6,0 en 2023 chez les femmes, et de 9,0 à 6,7 chez les hommes. Cette baisse s'observe également chez les couples cohabitants — la vie commune n'est plus le rempart qu'elle semblait être.

Fréquence des rapports sexuels sur 4 semaines (18-69 ans)
1992
9,0 (H) · 8,1 (F)
2006
8,7 (H) · 8,6 (F)
2023
6,7 (H) · 6,0 (F)
Source : ACSF-1992, CSF-2006, CSF-2023

La satisfaction sexuelle progresse — surtout chez les hommes

Contre-intuitivement, alors que la fréquence des rapports diminue, la satisfaction sexuelle, elle, progresse. Pour les femmes, elle se maintient autour de 45 % depuis 1992 (47 % en 1992, 43,6 % en 2006, 45,3 % en 2023). Mais pour les hommes, elle est passée par un creux marqué en 2006 (35,1 %) avant de remonter à 39 % en 2023. La satisfaction est aujourd'hui plus élevée qu'en 2006 à presque tous les âges, pour les deux sexes.

Autre évolution majeure : la proportion de femmes ayant des rapports sexuels pour faire plaisir à leur partenaire sans en avoir envie a chuté, passant de 50,9 % en 2006 à 43,7 % en 2023. Chez les hommes, cette proportion est restée stable (23,4 %). Une évolution discrète mais lourde de sens : elle suggère un meilleur ancrage du consentement et une moindre soumission aux attentes du partenaire.

L'irruption du numérique dans la sexualité

L'enquête révèle un phénomène totalement absent des éditions précédentes : 33 % des femmes et 46,6 % des hommes ont eu une expérience sexuelle en ligne en 2023 (connexion à un site dédié, rencontre numérique, échanges d'images intimes). La sexualité ne se vit plus uniquement dans l'espace physique mais aussi dans l'espace numérique — et cette nouvelle dimension transforme à la fois les attentes individuelles et les dynamiques de couple.

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La baisse de fréquence n'est pas un signe d'échec. Le fait que la fréquence des rapports diminue dans tous les couples — y compris ceux qui se déclarent satisfaits — montre que la sexualité conjugale change de modèle. La quantité importe moins que la qualité ressentie. Les couples qui mesurent leur santé sexuelle à l'aune de leur fréquence d'avant peuvent vivre cette évolution comme un échec personnel alors qu'elle traduit un mouvement de fond.

L'écart de désir mérite d'être travaillé en couple, pas en solo. La baisse des rapports « obligés » chez les femmes (de 51 à 44 %) crée mécaniquement plus d'écarts de désir à gérer. Les couples qui ne parviennent pas à parler de cet écart se trouvent fragilisés. Un travail conjoint avec un thérapeute permet de désamorcer la culpabilisation mutuelle.

La dimension numérique fait désormais partie de la vie sexuelle. Pour les couples, cela soulève des questions nouvelles : les usages individuels en ligne sont-ils acceptés ? Considérés comme une forme d'infidélité ? Discutés ouvertement ? L'enquête CSF-2023 montre qu'il s'agit désormais d'un fait social majeur, pas d'un comportement marginal.

Limites et nuances

Les comparaisons 1992-2006-2023 doivent être lues avec précaution : les modes de collecte ont évolué (téléphone fixe en 1992, mixte aujourd'hui), et la propension à déclarer certains comportements change avec les normes sociales. La baisse de fréquence des rapports, en particulier, pourrait refléter à la fois un changement réel et un déclaratif plus honnête. Par ailleurs, l'enquête couvre la sexualité dans toute sa diversité — orientations, couples non-cohabitants, polyamour — mais les analyses fines par configuration relationnelle ne seront publiées que progressivement jusqu'en 2026.

Quels thérapeutes consulter ?

Pour une dimension sexuelle dégradée dans le couple, un sexologue diplômé est l'intervenant de première ligne. Si l'écart de désir s'inscrit dans une crise conjugale plus large, un conseiller conjugal et familial (CCF) ou un psychologue clinicien formé à la thérapie de couple peut intervenir avec une approche systémique. Pour les questions liées à la sexualité numérique ou aux usages individuels (consommation pornographique, applications de rencontre), une consultation conjointe est généralement plus efficace qu'une démarche solo.

CN

Christophe N.

Conseiller Conjugal & Familial · Courtry

7 ans d'expérience

« Je suis coach-thérapeute en relation conjugale spécialisé en sexothérapie et thérapie de couple. »

Demander un RDV (90 €)
CH

Cyrine H.

Coach de couple certifié · Colombes

10 ans d'expérience

« Thérapeute de couple Imago certifiée, coach relationnelle, formatrice en soft skills, facilitatrice de cercles de parole et conférencière, je suis passionnée par l’art de la… »

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